En logique classique, toute proposition a une valeur de vérité égale à 0 (`faux`) ou à 1 (`vrai`).
En logique floue, toutes les valeurs intermédiaires entre le 0 et le 1, c'est-à-dire entre le faux et le vrai, sont admises, d'où l'adjectif "floue".
A l'origine, la logique floue provient de la théorie des sous-ensembles flous, introduite en 1965 par LA Adeh, professeur à l'Université de Californie à Berkeley.
Cette théorie propose une généralisation de la notion classique d'ensemble : un élément peut appartenir plus ou moins à un ensemble.
Le degré d'appartenance des éléments à un sous-ensemble flou d'un ensemble de référence est mesuré par une "fonctionnement d'appartenance" de l'ensemble de référence dans l'intervalle [0,1] (si cette fonction ne prend que les valeurs 0 ou 1, on retombe bien sur un sous-ensemble classique).
On peut voir les choses d'une autre manière en disant que la proposition "l'élément appartient à l'ensemble" est plus ou moins vraie, ce qui introduit la notion de proposition floue, et par conséquent la possibilité de raisonner sur ces propositions.
L'intérêt pratique de cette théorie commença à apparaître au début des années 70.
En effet, la logique floue permet d'appréhender un proccessus sur lequel on dispose de connaissances imparfaites et surtout se rapproche beaucoup de la pensée humaine, qui utilise des catégories imprécises.
Par exemple, un barragiste qui tient un niveau en manuel ne pensera probablement pas : $Q_c = ttK_i int_0^(t) epsilon(t)delta t + ttK_p epsilon$ (régulateur PI)
mais plus probablement : "le niveau est très haut et monte beaucoup, donc il faut que j'ouvre beaucoup" (régulateur flou).
Quelques commandes de processus à base de la logique floue apparurent en Europe au cours des années 1970, mais ce sont les japonnais qui popularisèrent la méthode en l'appliquant aux appareils grand public des années 80.
Aujourd'hui, la logique floue est largement utilisée par exemple pour les autofocus et pour les appareils "à un seul bouton" : on met en marche et ça se débrouille ("si le poids augmente beaucoup quand on mouille le vêtement, se dit la machine à laver floue, alors c'est vraisemblablement de la laine, donc la température doit être plutôt froide et l'essorage pas trop fort").
On a vu ce qu'était une proposition floue.
Pour commencer à raisonner en logique floue, il faut pouvoir combiner ces propositions.
Pour celà, comme en logique classique, il faut définir les 2 opérateurs de base qui sont le $NON$ et le $ET$.
Quand on a le $NON$ et le $ET$, on peut reconstruire tous les opérateurs possibles :
Dans tout ce qui suit, P,Q,R et S sont des propositions et on note val(P) la valeur de vérité de P.
Si P est une proposition classique, val(P) est égale à 0 ou à 1, et si P est une proposition floue val(P) est comprise entre 0 et 1.





| x y |
petit |
grand |
| petit |
z petit = 0,5 z grand = 0,5 |
z grand |
| grand |
z petit |
z petit = 0,5 z grand = 0,5 |
| \
niveau \------------\ variation \ |
trop bas |
très bas |
bas |
bon |
haut |
très haut |
trop haut |
| baisse
beaucoup |
FB=1 |
FB=1 |
FB=0,5 FP=0,5 |
FP=1 |
FP=0,5 L=0,5 |
L=1 |
L=1 |
| baisse
un peu |
FB=1 |
FB=0,5 FP=0,5 |
FP=1 |
FP=0,5 L=0,5 |
L=1 |
L=0,5 OP=0,5 |
OP=1 |
| stable |
FB=1 |
FP=1 |
FP=0,5 L=0,5 |
L=1 |
L=0,5 OP=0,5 |
OP=1 |
OB=1 |
| monte
un peu |
FP=1 |
FP=0,5 L=0,5 |
L=1 |
L=0,5 OP=0,5 |
OP=1 |
OP=0,5 OB=0,5 |
OB=1 |
| monte
beaucoup |
L=1 |
L=1 |
L=0,5 OP=0,5 |
OP=1 |
OP=0,5 OB=0,5 |
OB=1 |
OB=1 |

